Mariage annulé dans le Var : 8 000 euros perdus après un changement de gestion au domaine
Comme le rapporte Var-Matin, un couple britannique a vu son rêve provençal s'effondrer après avoir versé plus de 8 000 euros d'acompte pour célébrer son mariage au Château des Costes, au Castellet, dans le Var.
Claire Vidal·mis à jour 10 septembre 2026

Au printemps 2025, Beth Shepherd et son compagnon tombent sous le charme du domaine; un an plus tard, ils découvrent que leur réservation n'existe plus aux yeux de la nouvelle équipe qui exploite les lieux. Derrière cette disparition, un conflit d'exploitation dont les fiancés paient aujourd'hui le prix — avec, selon les sources, six ou sept autres couples concernés par la même situation.
Une disparition qui tombe au pire moment
Le 20 mai 2025, les fiancés versent 8 142 euros à la société Laetitia Bataillé Events, alors gérante du château. Pendant des mois, les préparatifs avancent comme on les imagine: le traiteur réservé, le photographe confirmé, le DJ calé sur le planning d'un été 2027 qu'on n'attend plus que de vivre. Puis, entre octobre 2025 et avril 2026, les mails commencent à rester sans réponse, raconte Var-Matin. Le silence s'installe, et avec lui une inquiétude sourde que le rendez-vous enfin obtenu ne viendra pas apaiser.
Le 28 juin 2026, à quelques jours de cette rencontre, un message sur Instagram apprend au couple que Laetitia Bataillé Events ne gère plus le domaine et que leur dossier n'a pas été transmis. "Le vendredi, j'étais avec le traiteur et le dimanche, j'apprenais que le mariage n'existait plus. Je suis écœurée. Ça a été un désastre", confie la jeune femme au quotidien régional.
Une guerre de gestion qui dépasse les mariés
Ce que les fiancés découvrent alors, c'est l'envers administratif d'un lieu de prestige: derrière les façades de pierre, une succession qui se joue devant les tribunaux. Les anciens exploitants affirment avoir renoncé à l'achat du domaine en raison de plaintes de voisinage et assurent qu'un accord prévoyait l'honorabilité des réservations déjà encaissées. Le propriétaire du château, Nicolas Illic, conteste cette lecture et accuse l'ancien duo d'avoir cessé de payer les loyers dès août 2025 avant de "disparaître dans la nature", laissant six ou sept contrats irréalisables.
Une liquidation judiciaire a été ouverte le 28 juillet 2026, et 15 000 euros ont été saisis sur les comptes des anciens gérants par un huissier pour compenser les loyers impayés. Le couple britannique a déposé plainte pour escroquerie le 2 juillet 2026 au commissariat de Sanary-sur-Mer, et a pu récupérer les sommes versées à certains prestataires. Faute de réception provençale, Beth Shepherd et son compagnon se contenteront d'une cérémonie civile à Londres au printemps prochain.
Ce que cette histoire murmure, sans qu'on veuille l'entendre
Je reçois souvent des couples qui ont déjà tout réservé — le lieu, le traiteur, le fleuriste — et qui me demandent seulement, à quelques mois du jour J, s'il reste un photographe disponible. Cette affaire me rappelle que la chaîne de confiance commence bien avant le photographe: elle commence au premier devis signé. Un acompte versé à une société qui n'est plus en place six mois plus tard devient un acompte orphelin; aucune facture, aucun contrat transmis, et tout le monde se renvoie la responsabilité en silence.
Pour les fiancés qui préparent aujourd'hui un mariage en Provence, l'histoire du Château des Costes n'est pas un fait divers isolé, c'est un signal discret qui mérite qu'on s'y arrête. Vérifier que la société qui encaisse l'acompte est bien celle qui exploitera le lieu le jour J, exiger un contrat signé par le propriétaire du domaine, conserver la trace de chaque virement, s'enquérir d'éventuels changements de gérance — ces gestes que l'amour rend vite accessoires sont pourtant ceux qui séparent un mariage célébré d'un dossier ouvert au commissariat.