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Esthétique et Technique·27 août 2026·21 min de lecture

Que faire à Paris pour réussir ses photos de couple ?

Paris se donne rarement sans calcul. Deux cent quatre-vingt-quatre marches séparent le parvis de l’Arc de Triomphe de sa terrasse panoramique, perchée au sommet du monument.

Que faire à Paris pour réussir ses photos de couple ?

Que faire à Paris pour réussir ses photos de couple?

Mais la ville impose un cadre avant d’offrir un décor: toute prise de vue professionnelle sur la voie publique relève d’une procédure simplifiée auprès de la préfecture de police, qui plafonne l’équipe à dix personnes et l’équipement à un appareil sur trépied accompagné de deux éclairages d’appoint.

À voir et à faire

Cette architecture réglementaire, souvent ignorée des couples qui rêvent d’une carte postale parisienne, détermine en filigrane la chorégraphie de toute séance. Choisir Paris pour un shooting, c’est accepter de composer avec une géométrie administrative qui dessine les contours du possible. C’est aussi comprendre que les meilleures images ne naissent pas forcément d’une succession de monuments, mais d’un itinéraire cohérent, d’une lumière anticipée et d’un dispositif suffisamment léger pour rester invisible.

Pour une séance de couple ou une photo de mariage à Paris, la question n’est donc pas seulement de savoir où aller. Il faut aussi savoir quand y être, avec quel matériel, dans quelles conditions et avec quelle marge de manœuvre. La capitale récompense les préparations précises, mais elle laisse toujours une place à l’imprévu: un reflet dans une vitrine, un rayon de soleil entre deux façades, une rue momentanément débarrassée de sa circulation.

Maîtriser la réglementation des prises de vue sur la voie publique

La première matière d’un shooting parisien n’est ni la pierre ni la lumière, mais le droit. Paris est l’une des rares capitales au monde à avoir formalisé une procédure simplifiée dédiée aux prises de vue dans l’espace public, gérée par la préfecture de police. Cette procédure encadre notamment la taille de l’équipe, le matériel utilisé et la durée d’occupation de l’espace.

Au-delà de dix personnes, le dossier bascule vers une autorisation classique, plus longue et plus coûteuse. Le trépied, souvent perçu comme un simple accessoire technique, constitue en réalité un élément déterminant dans l’appréciation du dispositif. Une prise de vue réalisée avec un appareil tenu à la main ne se prépare pas de la même manière qu’une installation comprenant un trépied et des éclairages d’appoint. La différence est concrète: elle touche à l’occupation du trottoir, à la circulation des passants et à la manière dont l’équipe peut se déplacer.

La règle d’un trépied et de deux éclairages d’appoint structure toute la séance. Elle oblige à repenser la narration visuelle autour d’un point fixe plutôt que d’une déambulation entièrement libre. Pour les couples qui souhaitent mêler plusieurs lieux dans une même journée, cela signifie généralement renoncer au passage continu d’un spot à l’autre avec une installation lourde. Il faut hiérarchiser les prises de vue:

  • un repère extérieur où le trépied peut être installé dans le respect du cadre prévu;
  • un lieu intérieur où l’on privilégie un matériel discret et une présence mesurée;
  • un site patrimonial ou culturel dont les conditions d’accès doivent être vérifiées séparément;
  • des temps de déplacement suffisamment larges pour éviter de transformer la séance en course contre la montre.

Cette partition, plus que le choix du quartier, définit la tenue d’un reportage parisien. Une autorisation administrative ne donne pas carte blanche: elle ne dispense ni de respecter les horaires, ni de laisser les passages accessibles, ni de tenir compte des consignes du lieu photographié. Les monuments, les musées et les établissements privés peuvent appliquer leurs propres règles, parfois plus restrictives que celles de l’espace public.

Le photographe doit également distinguer une séance privée d’une production professionnelle. Un couple qui prend quelques photographies avec son téléphone ne se trouve pas dans la même situation qu’une équipe venue réaliser des portraits destinés à une communication, à une publication ou à une prestation rémunérée. Cette distinction peut sembler théorique lorsqu’on observe la scène depuis l’extérieur, mais elle devient essentielle dès que du matériel, une équipe ou une occupation prolongée sont prévus.

Paris ne se laisse pas photographier comme on l’arpente. La ville exige qu’on compose avec ses contraintes, et c’est dans ce dialogue que naissent les images les plus justes.

L’Arc de Triomphe: capturer la lumière dorée au sommet

Au sommet de l’Arc de Triomphe, la photographie de couple change de registre: on quitte l’horizontalité haussmannienne pour une géométrie circulaire. La terrasse forme un anneau de pierre autour du monument, avec une vue qui redistribue les grands axes de la capitale. Les couples ne sont plus placés devant un monument; ils se retrouvent au centre d’une composition urbaine dont les lignes partent dans toutes les directions.

Deux cent quatre-vingt-quatre marches séparent le sol de cette plateforme, sans ascenseur public. Ce détail n’est pas anodin pour une séance de couple. Il faut prévoir la montée, la tenue portée, les chaussures, le rythme des personnes photographiées et le transport du matériel. Une robe volumineuse, un voile long ou des chaussures peu adaptées peuvent modifier l’expérience bien davantage qu’un changement d’objectif. Le photographe doit donc savoir alléger son équipement et réserver les accessoires encombrants aux moments où ils pourront réellement servir.

La lumière obéit ici à une logique saisonnière précise. Une arrivée environ quatre-vingt-dix minutes avant le coucher du soleil permet de travailler plusieurs ambiances: d’abord une lumière encore lisible sur les visages et les détails architecturaux, puis des tonalités plus chaudes lorsque le soleil descend, enfin une atmosphère plus contrastée à mesure que les avenues commencent à s’illuminer. Cette amplitude est particulièrement intéressante pour une séance de couple, car elle évite de produire une série d’images toutes construites sur la même qualité de lumière.

La lumière dorée vient frapper la pierre sculptée du monument et révéler les bas-reliefs dans un clair-obscur caractéristique. Elle peut cependant devenir très directionnelle. Le couple ne doit pas être placé mécaniquement face au soleil: un léger déplacement suffit parfois à préserver les volumes du visage, à éviter les ombres trop dures et à intégrer les lignes de la terrasse dans la composition. Le vent, lui aussi, entre en jeu. Sur une plateforme ouverte, il peut donner du mouvement à un voile ou à une veste, mais il peut également déplacer une coiffure et rendre certains gestes difficiles à maintenir.

Douze avenues rayonnent depuis le rond-point. La perspective axiale sur l’avenue des Champs-Élysées, l’axe historique vers La Défense ou encore la ligne de fuite en direction de la tour Eiffel constituent autant de cadres composés par l’urbanisme du XIXe siècle. Il n’y a presque rien à ajouter: il suffit de se placer. Mais ce placement demande une vraie lecture de l’espace. Les meilleurs cadrages ne sont pas toujours les plus évidents depuis l’escalier ou la rambarde. Une légère rotation du couple peut faire entrer une avenue dans la diagonale, tandis qu’un cadrage plus serré isolera la relation entre les deux personnes et la matière de la pierre.

L’Arc de Triomphe est en revanche moins adapté à une séance qui chercherait l’intimité absolue. La terrasse est spectaculaire, mais elle reste exposée au vent, à la fréquentation et au regard des visiteurs. Il faut accepter cette présence et travailler avec elle. Un geste bref, un échange de regard ou une marche de quelques secondes seront souvent plus naturels qu’une pose maintenue trop longtemps dans un espace ouvert.

Le renouveau du Musée Jacquemart-André après sa restauration

Rouvert au public le 6 septembre 2024 après une fermeture complète d’un an, le Musée Jacquemart-André a fait l’objet d’une rénovation d’envergure, financée à hauteur de 6,5 millions d’euros par la Fondation Jacquemart-André. Le résultat est un écrin haussmannien remis à nu: parquets anciens, plafonds peints, boiseries, escaliers et verrières filtrant la lumière du jour comme dans un atelier de peintre.

Le lieu offre une matière photographique très différente de celle de l’Arc de Triomphe. Ici, la composition repose moins sur la profondeur monumentale que sur les superpositions: un couple dans l’axe d’une porte, une main posée sur une rampe, un reflet dans une glace, une silhouette découpée par une fenêtre. Les salons permettent de travailler la proximité et les détails, tandis que les espaces de circulation donnent aux images une continuité plus narrative.

Pour les prises de vue, le musée applique une distinction nette entre usage privé et usage professionnel. Les visiteurs peuvent photographier les collections permanentes et l’exposition temporaire avec un smartphone ou un appareil tenu à la main, sans flash. En revanche, toute séance organisée — qu’il s’agisse d’un couple, d’une famille ou d’une production éditoriale — requiert une autorisation écrite préalable, à solliciter directement auprès de la direction.

Cette autorisation doit être anticipée. Elle permet de préciser la nature du projet, le nombre de personnes présentes, le matériel utilisé, les espaces concernés et la durée envisagée. Elle ne doit pas être considérée comme une formalité que l’on réglera le jour même à l’accueil. Dans un musée aménagé comme une demeure, chaque déplacement de matériel peut avoir une incidence sur la circulation du public et la conservation des œuvres.

La distinction reflète la philosophie du lieu: Jacquemart-André n’est pas un décor de studio, c’est une demeure habitée par ses collections, et la lumière qui y pénètre obéit à des codes qu’on ne transgresse pas. Le flash est rarement nécessaire. Une optique lumineuse, une bonne anticipation des contrastes et une attention portée aux zones de pénombre permettent de préserver l’atmosphère des salons sans chercher à les éclairer artificiellement.

Pour une séance de mariage, le musée peut fonctionner comme un chapitre intérieur, après une séquence en extérieur ou avant un changement de tenue. Il convient toutefois de ne pas le traiter comme une simple toile de fond. Les tableaux, les meubles et les éléments décoratifs ne sont pas interchangeables. La photographie gagne à laisser respirer le décor: un cadrage plus large peut inscrire le couple dans la demeure, tandis qu’un plan rapproché transforme un fragment de boiserie ou de tissu en arrière-plan abstrait.

Un musée privé ne se loue pas à l’heure; il s’accueille, et c’est précisément cette politesse du regard qui distingue une image capturée d’une image composée.

Immersion visuelle et lieux atypiques: de la Cité des Fables à l’Aquarium

Pour les couples qui cherchent à sortir du répertoire classique, deux espaces récents méritent l’attention. La Cité Immersive des Fables, ouverte au 5 rue de Berri, dans le 8e arrondissement, déploie sur 1 000 mètres carrés des projections vidéo à 360 degrés inspirées des fables de La Fontaine. C’est un volume rare à Paris: une salle unique, sans cloison, où le décor numérique remplace la pierre et où la lumière scénographique devient le sujet même de l’image.

Dans cet environnement, le mouvement prend une place particulière. Les projections transforment les murs, le sol et parfois les silhouettes en surfaces changeantes. Une pose fixe peut perdre son intérêt si elle ne dialogue pas avec l’image projetée. À l’inverse, une marche lente, un rapprochement ou un simple changement d’orientation peuvent créer des superpositions très expressives. Le couple devient une présence dans un récit visuel, plutôt qu’un sujet posé devant un décor.

Les prises de vue commerciales y sont soumises à des conditions spécifiques, à négocier directement avec la direction. Il faut notamment déterminer si le lieu peut être réservé, quelles zones sont accessibles, quel matériel est admis et si la séance doit être réalisée en dehors des heures d’ouverture. Le caractère immersif du site ne signifie pas que l’on peut installer librement un trépied ou monopoliser une projection. La scénographie dépend du lieu; elle doit être observée avant d’être exploitée.

L’Aquarium de Paris propose une esthétique inverse. Les volumes d’eau en sous-sol et les jeux de reflets sous-marins y créent une lumière artificielle, dense, presque graphique. Les bassins peuvent fournir des arrière-plans très épurés, mais ils imposent aussi une gestion délicate de la balance des blancs et de la mise au point. Les tonalités bleues absorbent rapidement les couleurs d’une tenue et peuvent donner aux carnations une dominante froide si le traitement n’est pas maîtrisé.

La réglementation y est rigoureuse: les photos sans flash sont autorisées pour les visiteurs, mais les trépieds, les perches à selfie et toute exploitation commerciale y sont strictement interdits. Pour un couple, cela signifie renoncer au matériel professionnel lourd et privilégier un boîtier discret, capable de capter la lumière existante sans la modifier. Dans ces conditions, la séance repose sur l’anticipation: il faut observer les passages de lumière, attendre que les reflets se déplacent et accepter des cadrages plus spontanés.

L’Aquarium convient davantage à une séquence courte qu’à une séance complète. Son intérêt vient de la rupture qu’il introduit dans un reportage: après la pierre claire d’un monument ou les salons d’un hôtel particulier, les images sous-marines donnent à l’ensemble une respiration inattendue. Quelques photographies bien choisies suffisent souvent à installer cette autre atmosphère.

À l’écart de ces deux options, le musée Choco-Story Paris, situé au 28 boulevard de Bonne Nouvelle, dans le 10e arrondissement, offre une variante plus intimiste. Ouvert tous les jours de 10 heures à 18 heures, avec une dernière admission à 17 heures, l’espace joue sur les vitrines, les boiseries sombres et la lumière de boutique. Le cadre convient à une séance de fin de matinée, à mi-chemin entre le reportage et le portrait posé.

Les volumes plus resserrés appellent une autre approche. Il faut travailler avec les détails plutôt que chercher à montrer toute la pièce: une main près d’une vitrine, un profil dans une lumière latérale, la profondeur d’une étagère ou la répétition des emballages. Le musée du Chocolat ne remplacera pas un décor monumental, mais il peut donner à une série une tonalité plus chaleureuse et plus narrative.

Logistique et contraintes techniques pour les shootings professionnels

Paris pour une séance photo se pense aussi en termes de géographie et de calendrier. Les arrondissements centraux — le 1er, le 4e, le 6e et le 7e — concentrent une grande partie des décors patrimoniaux, mais aussi une forte affluence. Le 8e, autour de la rue de Berri et de l’Arc de Triomphe, combine la proximité des Champs-Élysées et l’accès à des lieux atypiques. Le 10e, autour du boulevard de Bonne Nouvelle, offre une lumière plus brute, moins touristique, et des perspectives plus contemporaines.

La proximité sur une carte ne garantit pas un déplacement rapide. Entre la sortie d’un métro, la traversée d’un carrefour, la recherche d’un accès et l’installation dans un lieu, quelques centaines de mètres peuvent suffire à désorganiser un planning trop serré. Le photographe doit intégrer les temps de transition, surtout lorsque le couple change de tenue ou transporte des accessoires. Un itinéraire réussi n’est pas celui qui relie le plus grand nombre d’adresses, mais celui qui préserve la qualité de présence du couple.

La saison dicte ensuite le rythme des séances. Au printemps et au début de l’automne, Paris offre généralement des conditions équilibrées: lumière douce, journées suffisamment longues pour les levers et couchers de soleil exploitables, affluence plus mesurée en dehors des vacances scolaires. L’été, la chaleur et la foule compliquent les prises de vue en extérieur, mais les soirées plus longues permettent de travailler après une journée de mariage ou de prolonger une séance sur les quais et les grandes avenues.

L’hiver impose une autre discipline. La lumière rasante et les illuminations de fin d’année compensent la brièveté des jours, à condition d’accepter des températures basses et une météo changeante. Les batteries se déchargent plus rapidement dans le froid, les mains se crispent et les changements de décor doivent être plus rapides. Pour une séance de couple, il est préférable de prévoir des pauses à l’intérieur plutôt que de demander aux modèles de maintenir une disponibilité constante dans le froid.

Le réseau de transport parisien — métro, RER et bus — permet de relier les différents secteurs évoqués, mais le choix du mode de déplacement dépend du matériel. Le métro peut être le plus rapide aux heures creuses avec un sac léger. Le taxi ou un véhicule privé devient préférable aux heures de pointe, avec des robes encombrantes, plusieurs boîtiers ou du matériel sensible. Les correspondances longues et les escaliers sont à prendre en compte dès la préparation, notamment pour une séance autour de l’Arc de Triomphe où l’accès au sommet constitue déjà un effort physique.

Pour les couples résidant en région et faisant le déplacement pour une séance, l’organisation se construit autour de deux ou trois lieux par jour, jamais plus si l’on souhaite conserver une vraie disponibilité créative. Chaque site doit avoir une fonction dans le récit: monumental pour ouvrir la série, intérieur pour ralentir le rythme, lieu atypique pour introduire une rupture. Cette logique évite l’effet catalogue, où chaque photographie prouve seulement qu’un endroit a été visité.

Un équipement cohérent vaut mieux qu’un arsenal. Pour une séance en ville, il faut pouvoir passer rapidement d’un plan large à un portrait rapproché, travailler en lumière disponible et se déplacer sans attirer inutilement l’attention. Dans les lieux soumis à des règles strictes, la discrétion n’est pas seulement esthétique; elle est une condition d’accès. Un boîtier tenu à la main et une optique polyvalente offrent souvent davantage de liberté qu’un dispositif sophistiqué impossible à installer.

Les contraintes techniques ne concernent pas uniquement le photographe. Le couple doit savoir à quoi s’attendre. Une séance au sommet de l’Arc de Triomphe ne demande pas la même énergie qu’un parcours dans les salons du Musée Jacquemart-André. Une immersion à l’Aquarium implique d’accepter une lumière bleue et des images moins prévisibles. Une projection à la Cité Immersive des Fables peut modifier la couleur d’une robe ou du teint en quelques secondes. Ces éléments doivent être expliqués en amont pour que l’effet recherché soit choisi, et non subi.

Les lieux parisiens, du décor au récit

La tentation est grande de considérer chaque monument comme une image déjà prête. Pourtant, un décor célèbre ne garantit ni une composition personnelle ni une photographie durable. L’Arc de Triomphe, les Champs-Élysées ou les façades haussmanniennes ont été photographiés des milliers de fois. Le travail ne consiste pas à nier cette mémoire visuelle, mais à trouver la manière dont le couple peut y prendre place sans disparaître derrière le symbole.

La différence se joue souvent dans le rythme. Une image de couple n’a pas besoin de présenter le monument dans son intégralité. Elle peut retenir une portion de balustrade, une ligne de fuite, une lumière sur la pierre ou une silhouette en mouvement. À l’inverse, un plan large peut être nécessaire lorsque l’architecture donne au couple son échelle et son contexte. Alterner ces distances crée une série plus riche qu’une suite de portraits construits selon le même schéma.

Dans les lieux intérieurs, la retenue est tout aussi importante. Les salons du Musée Jacquemart-André ont une présence forte; il serait inutile de la surcharger par des poses trop démonstratives. La gestuelle peut rester simple: marcher, s’arrêter, se rapprocher, regarder ailleurs. Le décor travaille déjà pour l’image. Le photographe intervient surtout pour organiser les lignes, équilibrer les masses et attendre le moment où la lumière rejoint les visages.

Les lieux atypiques offrent davantage de liberté, mais ils demandent aussi plus de préparation. Une projection vidéo ou un bassin éclairé ne produit pas automatiquement une photographie singulière. Il faut savoir ce qui doit rester visible et ce qui peut être laissé dans l’ombre. Dans une image immersive, le couple peut devenir presque graphique; dans une image prise devant un aquarium, les reflets peuvent prendre autant d’importance que les personnes. Cette part d’incertitude fait partie de l’intérêt du lieu.

Tableau comparatif des principaux spots

LieuCadre spatial dominantLumière naturelle ou scénographiqueContraintes principales
Arc de TriompheTerrasse panoramique au sommet, perspectives circulaires et grands axesLumière dorée environ 90 minutes avant le coucher du soleil284 marches sans ascenseur public, vent et affluence
Musée Jacquemart-AndréHôtel particulier haussmannien, salons d’apparat et escalier monumentalLumière du jour filtrée par les verrières, contrastes intérieursShooting professionnel soumis à une autorisation écrite préalable
Aquarium de ParisBassins en sous-sol, volumes d’eau et refletsLumière artificielle à dominante sous-marineTrépieds, perches et exploitation commerciale interdits
Cité Immersive des FablesSalle unique de 1 000 m², projections vidéo à 360 degrésÉclairage scénographique et images projetéesConditions de tournage à négocier avec la direction
Musée du Chocolat, Choco-StoryBoutique-atelier, vitrines et boiseries sombresLumière de boutique, intéressante en milieu de journéeEspace réduit, cadrages serrés et affluence variable

Ce tableau ne désigne pas un meilleur lieu qu’un autre. Il indique plutôt le type d’image que chacun rend possible. L’Arc de Triomphe convient à une photographie ample et architecturale. Jacquemart-André privilégie la texture et la profondeur intérieure. L’Aquarium impose une écriture plus sombre et graphique. La Cité Immersive des Fables permet de travailler la couleur et le mouvement. Choco-Story resserre le cadre autour de détails plus chaleureux.

Ce qu’il faut réserver en amont

Trois éléments méritent une anticipation de plusieurs semaines:

1. La demande d’autorisation écrite pour tout shooting organisé au Musée Jacquemart-André, ainsi que dans la plupart des musées et monuments parisiens soumis à la même règle. Il faut préciser le contexte de la séance, l’équipe présente et le matériel envisagé.

2. Le choix de la date en fonction de la saison et des horaires de coucher du soleil. Une fenêtre d’environ quatre-vingt-dix minutes avant la tombée du jour permet d’exploiter la lumière dorée tout en conservant le temps nécessaire aux changements de cadrage.

3. La sélection de deux ou trois lieux maximum par journée de séance, en privilégiant la cohérence spatiale plutôt que l’accumulation de décors. Un parcours compact laisse du temps pour les imprévus et les moments moins dirigés.

À cela s’ajoutent les éléments plus personnels: la tenue, les chaussures, les éventuels changements de coiffure, les accessoires et la tolérance du couple à la marche ou au froid. Une séance de photo de mariage à Paris ne se prépare pas seulement sur une carte. Elle se prépare aussi à partir de ce que les personnes photographiées pourront réellement vivre avec naturel.

Il est utile de prévoir une solution de repli, sans transformer l’organisation en scénario rigide. Une pluie fine peut produire de beaux reflets sur les pavés, mais une averse persistante rendra certains extérieurs impraticables. De même, un lieu intérieur peut être plus fréquenté que prévu. Le photographe doit connaître la logique de chaque espace afin de pouvoir déplacer la séance de quelques mètres ou de quelques heures sans perdre son intention initiale.

L’esprit d’une séance parisienne

Ce qui distingue Paris d’autres capitales photographiques, ce n’est ni le nombre de ses monuments ni l’exubérance de ses paysages. C’est la densité de son tissu urbain, qui impose à chaque image une négociation entre le cadre architectural et la lumière disponible. Le photographe de couple qui travaille à Paris compose avec une matière vivante, réglementée et saisonnière — et c’est précisément cette discipline qui donne aux reportages parisiens leur tenue.

La ville ne se résume pas à ses points de vue les plus connus. Une perspective depuis l’Arc de Triomphe, une verrière de Jacquemart-André, une projection à la Cité des Fables ou un reflet dans un bassin peuvent appartenir au même reportage si le lien entre les images est pensé en amont. Ce lien peut être la lumière, la couleur, la gestuelle ou simplement la manière dont le couple traverse les espaces.

Une séance réussie dans la capitale ne cherche pas à accumuler les angles célèbres. Elle choisit trois ou quatre lieux, en explore la géométrie, en respecte la lumière et accepte le cadre réglementaire comme une donnée créatrice plutôt que comme une contrainte. Le photographe conserve ainsi assez de disponibilité pour observer ce qui ne se planifie pas: une éclaircie, un mouvement de tissu, une expression fugitive, une distance juste entre deux personnes.

Une séance réussie à Paris ne se mesure pas au nombre de lieux traversés, mais à la justesse de la lumière sur chacun d’eux.

C’est cette mesure qui permet d’éviter les images interchangeables. Le couple n’est pas placé devant Paris comme devant un décor de fond; il est photographié dans une relation avec la ville, ses lignes, ses silences, ses contraintes et ses accidents de lumière. Les couples qui l’entendent ainsi repartent avec des images qui n’auraient pu être prises nulle part ailleurs — et c’est là, finalement, le seul indicateur qui vaille.

Questions fréquentes

Faut-il une autorisation pour faire des photos de couple à Paris ?
Toute prise de vue professionnelle sur la voie publique relève d’une procédure auprès de la préfecture de police. Les monuments, musées et établissements privés peuvent appliquer leurs propres règles, souvent plus restrictives.
Combien de personnes et de matériel sont autorisés pour un shooting professionnel dans la rue à Paris ?
La procédure simplifiée plafonne l’équipe à dix personnes et prévoit un appareil sur trépied accompagné de deux éclairages d’appoint. Au-delà de dix personnes, le dossier relève d’une autorisation classique, plus longue et plus coûteuse.
Combien de marches faut-il monter pour accéder au sommet de l’Arc de Triomphe ?
L’accès à la terrasse panoramique se fait par 284 marches, sans ascenseur public. Il faut donc tenir compte de l’effort physique, des chaussures, de la tenue et du transport du matériel.
Peut-on organiser une séance photo au Musée Jacquemart-André ?
Oui, mais toute séance organisée, notamment pour un couple ou une production éditoriale, nécessite une autorisation écrite préalable à demander directement auprès de la direction. Les visiteurs peuvent photographier les collections avec un smartphone ou un appareil tenu à la main, sans flash.
Peut-on utiliser un trépied à l’Aquarium de Paris pour des photos de couple ?
Non. Les trépieds, les perches à selfie et toute exploitation commerciale y sont strictement interdits. Les visiteurs peuvent prendre des photos sans flash, ce qui impose de privilégier un boîtier discret et la lumière existante.

Par Renaud Marchand