L'élégance masculine réinventée : immersion dans la collection mariage 2026 de Laromani
Au fil des reportages que je mène auprès de couples en Provence, j'observe depuis quelques saisons un glissement silencieux que le portrait consacré par IndulgExpress à la collection Wedding 2026 de…
Claire Vidal·mis à jour 05 septembre 2026

Au fil des reportages que je mène auprès de couples en Provence, j'observe depuis quelques saisons un glissement silencieux que le portrait consacré par IndulgExpress à la collection Wedding 2026 de la maison Laromani vient confirmer: le marié, longtemps resté en retrait visuel de la mariée, reprend aujourd'hui une place qu'il n'avait jamais vraiment osé revendiquer. Le créateur Akash Jain le constate lui aussi; derrière les drapés de ses sherwanis, la précision de ses bandhgalas et l'audace discrète de ses ensembles indo-occidentaux, c'est toute une génération qui réapprend à habiter son rôle.
Le costume comme paysage intérieur
Le virage est net, et il concerne directement notre regard de photographes. Là où l'ornementation dominait, Laromani propose pour 2026 ce que Jain nomme un luxe raffiné: textures travaillées à la main, drapés contemporains, superpositions, jeux de tons poudrés. On troque l'éclat pour la présence, la surcharge pour la suggestion. Cela signifie, sur le terrain, que nous photographions désormais moins des surfaces brillantes qu'une matière vivante, capable d'absorber la lumière provençale du matin et de restituer les nuances d'une étoffe plutôt que ses éclats.
Le fondateur insiste sur un point qui me touche particulièrement: le marié veut aujourd'hui se distinguer sans éclipser la mariée. Cette recherche d'équilibre, que je vois se négocier dans les coulisses de chaque cérémonie, transforme la direction de regard du couple. Il ne s'agit plus de deux figures isolées sur le même cadre, mais d'une composition partagée où chacun trouve enfin son amplitude — et où le silence entre deux gestes pèse autant qu'une promesse échangée.
Couleurs profondes et écritures intimes
Les beiges et ivoires qui faisaient office de toile de fond discrète cèdent la place à des teintes plus affirmées: vert émeraude, bordeaux profond, bleu roi, olive sourd, terres brûlées. Pour nous qui travaillons la lumière naturelle du sud, ces nouveaux pigments exigent une attention renouvelée — un jewel tone ne se lit pas comme un pastel, il creuse le regard et appelle des contrastes plus francs, des ombres plus assumées. Anticiper la palette en repérage devient presque un acte de composition à part entière, où chaque pierre dorée d'un mas, chaque ombre bleue d'une calanque, chaque chaleur d'oliveraie entre en dialogue avec la silhouette qui l'habitera.
La personnalisation, autre tendance mise en lumière par Jain, ouvre un chapitre photographique que j'affectionne particulièrement: initiales brodées, doublures sur mesure, motifs inspirés d'une histoire familiale. Ce sont ces détails invisibles au premier regard qui racontent, mieux qu'un grand angle, l'intimité d'un homme qui s'apprête à dire oui. Approcher un revers de veste, isoler une couture, laisser la lumière épouser un fil d'or — c'est là que se loge, souvent, la photographie qui survivra à la tendance.
Ce que je retiens pour nos prochains reportages
Trois intentions guident désormais ma préparation en amont. D'abord, encourager nos clients à penser leur tenue comme un récit plutôt que comme un uniforme, en explorant avec eux ce que leurs vêtements diront d'eux au-delà du jour J. Ensuite, anticiper en repérage la conversation chromatique entre ces teintes profondes et les lieux qu'ils ont choisis, afin que rien dans l'image ne vienne contredire l'émotion portée par le tissu. Enfin, réserver dans chaque narration un temps pour ces gestes minuscules — nouer un bouton, lisser une étoffe, rajuster un col — où l'homme se laisse enfin percevoir derrière le personnage qu'il s'est composé. C'est dans cet interstice, si fugace et si vrai, que la photographie de mariage haut de gamme trouve sa matière la plus juste.